Alors, c’est quoi l’idée ?

samedi 14 mars 2009
par fredleborgne
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On s’interroge autour de moi. Quoi ? Je vais gagner de l’argent sur le net ? Sans avoir de publicité sur mon site ? Sans engager de grosses sommes d’argent ? Ce n’est pas possible.

Louer un espace chez un hébergeur n’est vraiment plus aussi cher qu’avant. Mais croyez-moi, si vous voulez, trouver cher, c’est possible. Les prix les plus incroyables existent, alors qu’à côté, des F.A.I. et Google proposent des espaces réduits, mais gratuits et largement suffisants, avec possibilité de monter un blog ou un site en quelques clics.

Le hic, c’est que ces sites sont affreux, lents d’accès, entourés de pub, n’ont pas de nom de domaine particulier, et surtout ne sont pas référencés. Par contre, si vous parlez de bébés dans le site, vous aurez des pubs de crèmes, de couches, et de petits pots tout autour : de la publicité ciblée qu’un innommable expert en communication veut faire passer pour un service dans la charte d’utilisation de ces sites. On devrait presque remercier de ne pas y trouver des pubs pour des produits X. Enfin, certains sites comme facebook veulent pouvoir gratuitement profiter du contenu mis en ligne par les internautes. Car les « gros » l’ont bien compris. La « net-réalité » dépasse largement aujourd’hui en intérêt les ragots de star, les infos propagande et le piratage des sketchs ou autres produits copyrightés. Les idées à deux balles de petitechieuse75 en langage SMS sont plus suivies que les cours de la bourse, mais, sur un certain site littéraire de lecture gratuite, c’est la croix et la bannière pour faire trente lectures par semaine sur un texte intelligent. Quant à trouver des clients intéressés par l’achat de mes pots de fleurs envoyés par correspondance, c’est mission impossible sans dépenser des millions de publicité.

Internet est une jungle ou tout voudrait se vendre, mais les chalands se font le plus discret possible, et le pire parvient à cacher le meilleur grâce à une visibilité obtenue par des procédés souvent douteux, toujours coûteux.

Communiquer efficacement est devenu payant. Avec la ligne téléphonique classique, non dégroupée, on pouvait envoyer des fax gratuitement. Plus aujourd’hui. Alors que la plupart des portables d’aujourd’hui peuvent aller lire des boites mail, envoyer des SMS est hors de prix. Enfin, les forums peinent à trouver quelques internautes pour échanger plus de deux lignes à la fois, tandis qu’on tchatte à 250 sur la même ligne avec des mini-phrases sans qu’il soit possible de suivre une conversation, ou que des commentaires de blog s’entassent avec peu de discussion entre les intervenants. On a des dizaines d’amis sur facebook, et quand on commente le « mur » de l’un, ils sont cent cinquante à devoir effacer un message du système qui le leur dit. En fait, comment échanger, quand on passe son temps à effacer des trucs dont on a rien à faire, et qu’on se demande d’où vient ce nouvel ami et ce qu’il vaut.

A l’ombre des gros sites tentaculaires, des grandes surfaces et de ce que j’avais appelé des « fermes de blogs » il y a deux ans dans un essai de « Quelques nouvelles du Net », il y a plein d’isolés qui tentent d’attirer l’internaute. Est-ce cela ce que je veux faire ? Un filet qui délesterait le surfeur ?

Certainement pas.

Aujourd’hui, quand on cherche quelque chose sur le net, on utilise un moteur de recherche, et on obtient les plus opportunistes qui ont payé des mots clés et disposent d’une notoriété, et cent mille autres dont on a rien à faire.

Mais si par exemple vous tapez « Fredleborgne » tout attaché, c’est bien sur moi que vous tombez. Mais pourquoi quelqu’un taperait « fredleborgne » ? A quoi sert « Fredleborgne » sur le net sinon à organiser le chaos ? Et encore, en tapant « organisateur de chaos », je ne crois pas qu’on puisse tomber sur Fredleborgne.

Tapez « services à la personne » ou auto-entrepreneur, c’est pareil. Vous tomberez sur quelques sites qui font de l’info sur ces statuts, mais vous ne trouverez pas un type pour vous changer votre robinet. Sur les pages jaunes, vous pouvez trouver des numéros de téléphone, mais pareil, rares sont les artisans qui ont des sites, qui vous font un devis en ligne, qui vous informent sur les prix. Pourquoi ? Parce que c’est très cher. Alors, moi, devrais-je pour qu’on voit ce que je fais sur le net m’inscrire à la catégorie « produit miracle » dans les pages jaunes. Comment promouvoir mon enseigne ? Comme tant d’autres artisans du net, je suis seul.

Je vous rassure. J’ai ma petite idée, et ma grande Idée pour m’en tirer. En fait, je vais faire un amalgame entre monde réel et monde virtuel. Déjà, pour vendre, il faut répondre à un besoin. C’est ce que je vais faire Pour vivre, il n’est aucun besoin de gros revenus. Les tarifs doivent être honnêtes et adaptés au marché.

Rien ne sert de vendre un service incomplet, ni un produit standard inutilisable seul. Imaginez vous avec une tuyauterie, des robinets, vendus pas chers, mais pas reliés au réseau d’eau de la ville.

On peut rester petit, et convaincre d’autres petits de faire la même chose ou des activités complémentaires pour qu’au final le client soit satisfait. Je vais rassembler des fourmis. Donc, je vais avoir besoin de collègues informaticiens, à leur compte comme moi, et ensemble, nous deviendront peut-être un réseau national, où chacun traitera les miettes qu’il sait trouver pour les ramener au centre de notre « grand site », avec un nom de domaine qui deviendra célèbre et qu’il me reste à trouver. Oui, il me faut un acronyme inusité mais prononçable dans toute les langues, ou bien un nom, un nom significatif, tombé dans le domaine public, et dont l’aura n’a pas été récupérée par une marque qui aujourd’hui l’utilise ou se contente d’en conserver jalousement les droits sans pour autant aujourd’hui avoir créé le domaine correspondant. Parce qu’on parle beaucoup des petits malins qui ont su il y a dix ans prendre des noms de domaines avant que les marques ne s’interessent au net, mais on parle moins de la confiscation de la sémantique et de la culture par les grosses sociétés qui, s’appuyant sur le code de la propriété intellectuelle et du « droit des marques » interdit à quelqu’un d’utiliser son prénom pour l’avoir en adresse internet. Chercher un nom, une image. Le ridicule, entre créateurs débiles et vieux barbons cyniques pour s’approprier quelques lettres à la suite auprès des services de l’INPI. L’INPI d’ailleurs ne se gêne pas trop vis-à-vis de ses clients. Jouissant certainement d’un monopole de fait, c’est seulement 200 euros pour avoir le droit d’être le seul à exploiter un nom de marque. La propriété intellectuelle, c’est une bonne affaire. Je crois que je vais m’en passer. En cas de concurrence, il sera difficile à un imposteur copieur de prétendre à l’antériorité même en passant par l’INPI, quand mon nom de domaine portera justement ce nom-là et cela bien avant qu’il en ait l’idée. Un nom pour ma société ? Un vrai casse-tête. Sans ça, pas de logo, pas de carte de visite, pas de communication, pas d’existence possible. Mais ce n’est pas ça qui va m’arrêter.


PS. C’est une fin un peu provisoire. J’ai le nom, je vais faire ce projet, et j’en donnerai ensuite une vraie description. Mais seuls les auto-entrepreneurs informaticiens pourront utiliser ce créneau pour bosser de chez eux. Je n’ai pas la recette de gagner X euros par mois en restant chez vous pour d’autres spécialités.


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